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Réponse n° 3
Domaine

peinture ; médiéval ; croyances - coutumes

Dénomination

volet (élément) ; retable (ensemble)

Titre

Martyre de sainte Marguerite (face) ; Un ange, sainte Marguerite et donateurs (revers du volet droit)

Auteur/exécutant

MAITRE DES RONDS DE COBOURG (auteur)

Précision auteur/exécutant

MAITRE DES RONDS DE COBOURG : Artiste strasbourgeois connu sous le nom de convention de Maître des Ronds de Coburg ou de Maître aux Etudes de draperies. Cette personnalité a été construite autour d'un ensemble de dessins, dont des projets de vitraux de forme arrondie conservés à Cobourg ; et on lui a rattaché de nombreuses études de draperies, qui lui valent son second nom de convention, ainsi que des copies d'après des gravures et plusieurs retables. Le maître est actif à Strasbourg entre 1470 et 1490. Il semble proche de Hans Hirtz, et montre l'influence du Maître du Livre de raison et de Martin Schongauer, particulièrement dans les drapés. On a proposé de l'identifier avec Heinrich Lützelmann, documenté à Strasbourg de 1477 à 1501. ; nationalité : Allemande

Ecole

Alemagne

Anciennes attributions

Ancienne attribution : anonyme flamand, 15e siècle, Selon l'Inventaire Dard. ; Ancienne attribution : anonyme alsacien, 1480, Alexandre 1931, cat. inédit : école de Mayence vers 1480, ou école alsacienne

Période création/exécution

4e quart 15e siècle

Millésime création/exécution

1480

Genèse

oeuvre en rapport

Historique

Le Musée des Beaux-arts de Dijon a eu la chance, en 1995, de réunir à ces deux panneaux entrés au musée en 1916 avec le legs Dard deux autres volets du même retable, provenant de la collection Burckhardt de Bâle. Acquis par un membre de cette famille en juin 1800 d'un graveur originaire de Strasbourg, Friedrich Huber, les volets semblent avoir été séparés au milieu du 19e siècle. Sur leurs faces externes, les volets présentent quatre grandes figures de saints devant des draps d'honneur soutenus par des anges : sur les grands volets latéraux, saint Jean l'Evangéliste et saint Jean-Baptiste ; sur les petits volets centraux, sainte Marguerite et sainte Catherine à gauche, avec à leurs pieds les donateurs. Comme il est d'usage dans les retables germaniques, l'intérieur des volets, réservé aux jours de fêtes, est peint dans une gamme de couleurs plus éclatante sur un fond or imitant le brocart. Ces riches volets venaient selon toute vraisemblance se refermer autour d'une statue surmontée d'un dais, formant ce qu'on appelle un retable à baldaquin. La statue était très probablement celle de sainte Marguerite, dont l'histoire est détaillée sur la face interne et dont la prééminence est marquée, à l'extérieur, par la prière que lui adressent les donateurs. Ce sont les armoiries aux pieds des donateurs qui permettent de les identifier et de préciser la provenance ancienne et la datation du retable. Il s'agit d'un couple de patriciens strasbourgeois, Stephan Bock von Bläsheim et sa femme Engel Bock von Gerstheim, qui se sont mariés en 1460 et sont morts respectivement en 1485 et 1514, et de leurs filles religieuses. Ces donateurs sont également représentés sur un panneau d'un retable de la Passion à l'église Saint-Pierre de Strasbourg, mais qui se trouvait à l'origine à l'église de la Madeleine. Nos volets pourraient provenir de cette même église, de même que les fragments d'un retable-baldaquin consacré à la Madeleine, conservés à San Francisco et Karlsruhe. La commande de ces autels, issus du même atelier, est sans doute contemporaine de la reconstruction du couvent à l'intérieur de la ville à partir de 1476. L'église, achevée en 1480, fut enrichie de vitraux de l'atelier strasbourgeois dirigé par Peter Hemmel, de peintures murales, d'autels et de statues offerts par les familles patriciennes. Ces volets appartiennent à la production d'un peintre actif à Strasbourg à la fin du 15e siècle, demeuré anonyme, qui a reçu le nom de Maître des Ronds de Cobourg ou de Maître aux études de draperies. Sa personnalité artistique a été reconstituée à partir de projets de vitraux de forme arrondie conservés à Cobourg. On lui a rattaché de nombreux dessins, dont les fameuses études de draperies, et des copies d'après des gravures, des peintures et des sculptures contemporaines. il est probable que ces dessins constituaient des recueils de modèles non seulement pour l'atelier du peintre, mais aussi pour celui des peintres verriers travaillant autour de Peter Hemmel. On reconnaît ici parfaitement le graphisme nerveux de ses dessins. Son style, non dénué d'une saveur un peu naïve, est d'une réelle efficacité narrative. La composition est rythmée par le jeu de couleurs brillantes magnifiées par le fond d'or. Le Maître des Ronds de Cobourg appartient pleinement au milieu artistique du Rhin supérieur de la fin du 15e siècle, dominé par l'influence de Martin Schongauer. Il lui doit l'élégance des silhouettes féminines et le pittoresque oriental des personnages masculins. Il emprunte même littéralement certains détails à ses gravures. La réalisation soignée de ces volets leur a permis de nous parvenir dans un très bon état général de conservation. La pression un peu excessive exercée par les cadres a toutefois provoqué le bombement des panneaux et l'apparition d'une fente verticale sur les volets larges. La restauration conduite en 1999-2000 a permis de résorber ces désordres. Elle a aussi redonné aux panneaux l'unité chromatique qu'ils avaient per due pendant leur séparation. Les vernis ont été égalisés et les repeints anciens repris. Surtout, les cadres ont été débarrassés de leurs repeints et ont retrouvé leur polychromie d'origine. Les volets ont enfin été remontés dans leur disposition d'origine. En dépit de l'absence de la partie centrale, c'est la vision du retable ouvert qui a été privilégiée, pour retrouver la cohérence du récit du martyre de la sainte. (Notice de Sophie Jugie, extraite de L'Art des collections : Bicentenaire du musée des beaux-arts de Dijon, Dijon : musée des beaux-arts, 2000) ; voir aussi : Martyre de sainte Marguerite (D 88 A), Légende de sainte Marguerite (1995-3-1), Retable de Sainte Marguerite (D 88 et 1995-3-1 et 2), Légende de sainte Marguerite (1995-3-2)

Matériaux/techniques

peinture à l'huile, bois

Dimensions

Dimensions Hauteur : 167 cm ; Largeur du volet gauche : 21 cm

Inscriptions

armoiries

Sujet représenté

scène (martyre, sainte Marguerite d'Antioche)
figures (sainte Marguerite d'Antioche, ange, homme, femme, en donateur, armoiries)

Lieu de conservation

Dijon ; musée des beaux-arts

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier

Statut juridique

propriété de la commune ; legs ; Dijon ; musée des beaux-arts

Date acquisition

1916

Anciennes appartenances

Collection privée, Huber Friedrich ; Collection privée, Burckhardt ; Collection privée, Pichot-L'Amabilais Pierre-Jean-Baptiste-Henri ; Collection privée, Dard Marie-Henriette

Numéro d'inventaire

D 88 B ; 317 (Inv. Dard après décès)

Exposition

Schweizerische Malerei XV. bis XVIII. Jahrhundert, Kunstmuseum, Berne, 1936 (n°3 et 4 (Maître strasbourgeois entre 1470 et 1490))
L'Art des collections. Bicentenaire du musée des beaux-arts de Dijon, Dijon : musée des beaux-arts, 16 juin - 9 octobre 2000 (Cat. D 53 pp. 396/397)
Spätmittelalter am Oberrhein : Maler und Werkstätten 1450-1525, Karlsruhe : Staatliche Kunsthalle, (29 septembre 2001 - 3 février 2002) (n°154, reprod.)

Bibliographie

Fischel (Lili), "Die Heimat des Meisters der Coburger Rundblâtter", Oberrheinische Kunst, n°6, 1934 (pp. 27-40)
Rott (Hans), Quellen und Forschungen zur südwestlichen und schweizerischen Kunstgeschichte im XV. und XVI. Jahrhundert, t.III, Der Oberrhein, Stuttgart, 1938 (pp. 73-75 (Marx Doiger))
Quarré (Pierre), Musée de Dijon. Salle des Gardes et salles de chefs-d'oeuvre. Catalogue sommaire à l'usage du visiteur, Dijon, 1945 (n° 59, p. 17 (Maître alsacien entre 1470 et 1490))
Thieme et Becker, Allgemeines Kunstlerlexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, Leipzig, 1920 (1950, p. 182)
Stange (Alfred), Deutsche Malerei der Gothik, 11 vol., Berlin-Munich, 1934-1961 (VII, 1955, p.31, fig. 65)
Réau (Louis), Iconographie de l'Art chrétien, Paris, 1957 (t. III Iconographie des saints, p. 881 (maître Strasbourgeois))
Lauts (Jan), Staatliche Kunsthalle Karlsruhe : Katalog Alte Meister bis 1800, Karlsruhe, 1966 (n° 53 (Meister der Koburger Rundblätter))
Stange (Alfred), Kritisches Verzeichnis der Deutschen Tafenbilder vor Dürer, 3 vol., Munich, 1967-1978 (t. II, 1970, n° 156, p. 48)
Zänker (Jürgen), Crucifixae : Frauen am Kreuz, Berlin, 1989 (p. 40)
Starcky (Emmanuel) et Jugie (Sophie), "Un retable du XVe siècle reconstitué : deux panneaux du Maître des Ronds de Coburg acquis par le musée des Beaux-Arts de Dijon", Revue du Louvre, 1-1996 (pp. 13-15)
Jugie (Sophie), "Le Retable de sainte Marguerite du Maître des Ronds de Cobourg", Bulletin des musées de Dijon, année 1997, Dijon, 1997, n° 3, p. 8-17 (repr.)
Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne : publication en cours (jusq. lettre M), sous la direction d'universitaires, éditée à Strasbourg, 1996 (p. 2469, article de Victor Beyer sur Heinrich Lûtzelmann, peintre alsacien du XVe (retable strasbourgeois provenant de l'église Sainte-Madeleine, vers 1490))
Lorentz (Philippe), "De l'usage de la copie au XVe siècle; une Mise en croix d'après le Maître de la Passion de Karlsruhe (Hans Hirtz ?) pour Anna Schott, dominicaine au couvent de Sainte-Marguerite et Sainte-Agnès de Strasbourg", extrait de "Pierre, lumière, couleur. Etudes d'histoire de l'art du Moyen Age en l'honneur d'Anne Prache", Cultures et civilisations médiévales, 1999, pp. 425-439 (détail fig. 5 p. 432)
Bret (Jacqueline), "Quelques observations sur le Retable de sainte Marguerite du Maître des ronds de Cobourg à l'occasion de sa restauration", Bulletin des Musées de Dijon, année 2000, Dijon, 2000, n° 6, p. 27-30 (fig. 24b-25)
Jugie (Sophie), "Le Retable de sainte Marguerite du Maître des Ronds de Coburg", Bulletin des Musées de Dijon, année 2000, Dijon, s.d., n° 6, p. 25-30 (repr.)
Jugie (Sophie), Le Maître des Ronds de Cobourg : "Le Retable de sainte Marguerite", fiche n°4 (français / anglais / allemand)

Rédacteur

Valcauda Sophie ; Bardin Dominique

Copyright notice

© Dijon, musée des beaux-arts, © Service des musées de France, 2017

Crédits photographiques

© Dijon, musée des beaux-arts

 

Renseignements sur le musée

 

01370048358

Notices :  

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Requête :   ((Huber Friedrich) :APTN )
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