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Réponse n° 103
Domaine

sculpture

Dénomination

statuette

Titre

Le Bon Larron

Auteur/exécutant

anonyme (auteur)

Ecole

Anciens Pays-Bas

Période création/exécution

1er quart 16e siècle

Millésime création/exécution

1520 entre ; 1525 et

Genèse

oeuvre en rapport

Historique

Ces deux statuettes proviennent probablement d'un grand retable où elles figuraient de part et d'autre du Christ en croix, dans une scène de la Crucifixion qui devait être animée de nombreux personnages. Les deux Larrons partagent le supplice du Christ, mais sont traditionnellement représentés ligotés à une croix en forme de tau (T) les bras passés derrière la traverse. Le Bon Larron se trouve à la droite du Christ, calme et résigné. Il regarde le Sauveur avec confiance, tandis que le Mauvais Larron, à sa gauche, se tord dans ses liens et détourne la tête. ; Les deux statuettes, en chêne dépourvu de toute polychromie, ont fait à l'évidence partie d'une Crucifixion dans un retable de grandes dimensions, comme on en a fabriqué dans les Pays-Bas du Sud ou du Nord, ou dans les régions rhénanes un peu plus à l'Est à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Les deux Larrons sont attachés non sur une croix de bois travaillée, mais sur des troncs d'arbres, les pieds cloués sur des départs de branches, les bras attachés par des cordes sur une branche installée de façon transversale (le Mauvais Larron) ou sur d'autres départs de branches (le Bon Larron). L'artiste a ainsi su varier les positions des deux hommes, ce qui leur confère une grande expressivité. L'attitude du Mauvais Larron en particulier traduit sa souffrance : le corps tendu, la tête penchée et détournée du Christ, la bouche ouverte, il est réellement à l'agonie. Le Bon Larron a une attitude plus apaisée, il semble comme soutenu par une force intérieure et, plein d'espoir, tourne la tête vers le Christ, qui devait se situer plus haut que les deux statuettes. Le groupe de la Crucifixion dans le Retable des sept douleurs à Saint-Nicolas de Kalcar, par Henrick Douwerman entre 1518 et 1521, est un exemple probablement proche de la présentation d'origine des deux statuettes, même si les Larrons y sont encore plus contorsionnés (exposition Gegen der Storm, Aix-la-Chapelle, 1996, n° 16 à 18). A noter le détail curieux de la confusion entre le bras gauche du Bon Larron, attaché à son épaule mais qui se poursuit en bout de croix, et l'avant-bras et la main droits, qui semblent prolonger la croix derrière l'épaule. Un examen complémentaire devrait permettre de préciser s'il s'agit d'une modification due à une restauration ancienne ou d'une disposition originale, avec une maladresse dans la traduction du passage du bras derrière la branche. Les corps musculeux, les perizonium aux plis souples et aux noeuds élaborés, les grosses mèches de cheveux invitent à situer sans hésitation les oeuvres vers les années 1520-1525. Il est plus délicat de préciser la zone de création des pièces, l'enquête menée sur des représentations de ce type, objets isolés ou intégrés dans un retable, n'ayant pas permis jusqu'ici de repérer aucune comparaison absolument probante ni dans les Pays-Bas du Sud, ni dans ceux du Nord ou dans la région rhénane. Une Adoration des Mages, au musée Het Catharijneconvent d'Utrecht, située dans le Rhin inférieur vers 1525, présente des types de visage aux fronts proéminents, des chevelures et des oreilles assez semblables, sans que cette comparaison puisse être poussée plus loin. L'enquête devra être poursuivie sur ce point. M. Polain, collectionneur belge aux goûts éclectiques, passionné en particulier par les arts asiatiques et l'art médiéval, a décidé d'offrir les pièces majeures de sa collection aux musées français. Le musée Guimet, le musée d'art asiatique de Nice, les musées d'Amiens, de Colmar, le musée de la renaissance à Ecouen, ont ainsi profité, ou vont profiter, de ses libéralités. Le musée de Dijon sera heureux de compter parmi les bénéficiaires de sa générosité grâce à des oeuvres qui s'intègrent harmonieusement dans sa collection. (Sophie Jugie pour la commission scientifique interrégionale des musées de France du 19 mai 2005) ; voir aussi : Le Mauvais Larron (2005-6-2)

Matériaux/techniques

chêne

Dimensions

Dimensions Hauteur : 55.4 cm ; Largeur : 35.5 cm ; Profondeur : 6 cm

Sujet représenté

figure biblique (Le bon larron)

Lieu de conservation

Dijon ; musée des beaux-arts

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier

Statut juridique

propriété de la commune ; don ; Dijon ; musée des beaux-arts

Date acquisition

2005

Anciennes appartenances

Collection privée, Polain Jacques, (Jacques Polain a acquis les deux statuettes en brocante à Lille dans les années 1970.)

Numéro d'inventaire

2005-6-1

Rédacteur

Jugie Sophie ; Bardin Dominique

Copyright notice

© Dijon, musée des beaux-arts, © Service des musées de France, 2017

Crédits photographiques

© Dijon, musée des beaux-arts

 

Renseignements sur le musée

 

01370031596

Notices :  

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