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Réponse n° 51
Domaine

arts décoratifs ; croyances - coutumes ; sculpture

Dénomination

statue

Titre

Vierge à l'enfant en majesté ; Sedes sapientiae [siège de la sagesse] (autre titre)

Auteur/exécutant

anonyme (sculpteur)

Lieu création / utilisation

France, Bourgogne (lieu de création) ; France, Bourgogne, Côte-d'Or, Lantenay (lieu d'utilisation)

Période création/exécution

1ère moitié 13e siècle

Genèse

objet en rapport

Historique

Cette sculpture de la Vierge à l'Enfant, placée dans la chapelle de Notre-Dame-la-Noire, a fait l'objet, depuis 1316, d'un pèlerinage annuel, le jour de la fête de la Visitation. Le culte de Notre-Dame d'Etang détourna ensuite, au cours du XXème siècle, les fidèles, de la chapelle de Lantenay (voir DO "Vierges à l'Enfant").
La Vierge de Lantenay est à rapprocher de deux autres Vierges à l'Enfant en majesté provenant de Côte d'Or : une Vierge à l'Enfant en bois, provenant de la chapelle Notre-Dame-Trouvée à Pouilly-en-Auxois et datée d'environ 1200 (statue volée depuis plusieurs années) et une Vierge à l'Enfant en bois polychrome provenant de Thoisy-le-Désert (statue classée MH en 1913, exposée à Dijon en 1969 et volée depuis les années 1980). Voir aussi le DO "Vierges à l'Enfant" : informations sur les Vierges en majesté (types de la Sedes Sapientiae) et les Vierges noires.
Selon Daniel Russo (Université de Bourgogne, Dijon), cette "Vierge trônant avec l'Enfant" s'insère dans la tradition stylistique des années 1200, "celle de l'art mosan, remarquable par ses courbes amples, ses plis réguliers, ses drapés collés au corps comme s'ils avaient été mouillés, cette Vierge pourrait être datée du premier tiers du XIIIème siècle et appartenir à une conjoncture stylistique qui, en Bourgogne, s'est en effet prolongée jusque vers 1230/1240, notamment sur le chantier de la nouvelle église paroissiale Notre-Dame à Dijon". --- Selon Anne Gérard-Bendelé (restauratrice, Vesoul, rapport de mai 2000), cette Vierge à l'Enfant a été exécutée au XIIIème siècle ou plus tardivement : soit il s'agit d'une copie tardive, du XIXème siècle, maquillée à l'aide de peinture marron et noire et marouflée sur des zones ruinées par les insectes xylophages, soit il s'agit d'une sculpture du Moyen-Age entièrement décapée et repeinte en marron et noire à une époque récente. --- Selon Emmanuel Delaval (restaurateur, Verrey-sous-Salmaise, étude de 1998), la Vierge de Lantenay présente des restes de polychromie et des repeints qui incitent à penser qu'elle ne serait pas une copie mais une sculpture originale. D'autres indices interviennent également : vermoulures très prononcées au sommet des têtes et de l'épaule gauche de la Vierge, faux-nez de la Madone qui lui enlève toute son expression romane et lui confère son expression bâtarde. --- Selon Vivianne Huchard (Conservateur général du Musée National du Moyen-Age, Paris, étude de 1995) et les chercheurs du Laboratoire du Louvre, la Vierge de Lantenay n'est pas ancienne : le traitement du bois et la polychromie sont relativement récents. ; voir aussi : Robe de statue (MAS 2002.3.2.1 et 2) Ensemble, Couronne de statue (MAS 2002.3.3.1 et 2) Elément, Vierge à l'enfant dite Sedes Sapientiae [Siège de la Sagesse] (2006.7.7) Copie

Matériaux/techniques

noyer

Description

Sculpture monoxyle en noyer, avec restes de polychromie

Dimensions

Hauteur en cm 83 ; Largeur en cm 27 ; Profondeur en cm 25

Utilisation/destination

pèlerinage

Période utilisation/destination

1er quart 14e siècle ; 1ère moitié 20e siècle

Millésime utilisation/destination

1316

Sujet représenté

scène biblique (Vierge à l'Enfant, en majesté, trône, manteau, robe, couronne, voile, bénédiction, livre, rinceau, ornement à forme végétale)

Précision sujet représenté

La Vierge est assise sur un trône étroit dont les montants sont ouverts et cintrés pour figurer deux baies. Elle tient l'Enfant Jésus assis sur ses genoux. Elle est vêtue d'un long manteau (autrefois rouge) à bordures, dont les deux pans sont retenus, sous le cou, à l'aide d'un fermoir rond. Ce manteau laisse apparaître une robe descendant jusqu'aux pieds, aux plis fins et réguliers de part et d'autre et entre les jambes de la Vierge et dont le drapé colle au corps de cette dernière. La Vierge a le front ceint d'un diadème qui retient son voile et le fait glisser régulièrement par derrière, de chaque côté des épaules. Ses cheveux, longs, sont à peine suggérés. Ses pieds reposent sur un piédestal orné de motifs en rinceaux végétaux et floraux. L'Enfant Jésus est assis, de face, sur les genoux de la Vierge. Il est vêtu à l'identique, mais son manteau semble retenu sur son épaule droite par une fibule (non sculptée). Il bénit de la main droite et tient le livre des Evangiles de la main gauche. Les visages hiératiques des personnages sont de grandes proportions, sur des épaules étroites. Les yeux regardent de face. Ceux de la Vierge ne sont pas grand ouverts, mais plutôt à demi-baissés en signe de méditation. La Vierge a le front haut et le cou allongé, l'aspect hautain et solennel. Ses mains, de même que celles de l'Enfant, sont disproportionnées par rapport aux autres membres, avec des doigts très longs. Il en est de même pour les pieds de l'Enfant.

Lieu de conservation

Dijon ; musée d'Art Sacré

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Statut juridique

propriété de la commune ; don ; Dijon ; musée d'Art Sacré

Date acquisition

2002

Anciennes appartenances

Collection privée, France de Agnès, 14e siècle, premier quart, Lantenay, (Agnès de France, duchesse de Bourgogne aux 13ème et 14ème siècles, habite presque constamment au château de Lantenay (qui appartient aux ducs de Bourgogne), après la mort de son mari Robert II en 1306. Certains documents attestent d'une manière certaine, qu'elle dote l'une des chapelles du château (chapelle Notre-Dame-la-Noire, qui existe en 1233) de riches revenus. C'est dans cette chapelle qu'est vénérée la Vierge de Lantenay. Cette Vierge, probablement byzantine, aurait été donnée par Saint Louis à sa fille, à son retour d'Egypte.) ; Collection privée, Blondel Charles, 20e siècle, seconde moitié, Saint Seine-sur-Vingeanne, (Charles Blondel, craignant de laisser la sculpture de la Vierge à l'Enfant dans la chapelle du château de Lantenay, dont il est propriétaire depuis avant 1956, la place dans sa propriété de Saint Seine-sur-Vingeanne, dans les années 1970. Ce sont ses héritiers qui ont fait don de la sculpture au Musée d'Art Sacré de Dijon.) ; Blondel Claude ; Blondel Sauvel Anne-Marie ; Blondel-Fabre Catherine ; Blondel Joseph-Luc

Numéro d'inventaire

MAS 2002.3.1

Bibliographie

BERTONI CREN (Nadia), "La sculpture sur bois polychrome des XIe-XIIe siècles en Bourgogne", Dijon, Université de Bourgogne, 2013. Thèse : Histoire de l'art : Dijon : 2013 (p. 210-212 (ill. p. 210))
RUSSO (Daniel), "Un don exceptionnel au Musée d'Art Sacré de Dijon : Vierge à l'Enfant provenant de la chapelle Notre-Dame de Lantenay", Bulletin des Musées de Dijon, 2001, n°7 (p. 82 à 84)
"Mystérieuses Vierges Noires", Vincennes, Atlantis, 1972. (Atlantis, 266) (p. 127)
CHARY (Félix), "Histoire de Lantenay", Dijon, 1922 (p. 259)
GUILLAUME (André), "La Côte d'Or : guide du touriste, de l'archéologue et du naturaliste", 1963 (p. 261)
"La semaine religieuse du diocèse de Dijon", Dijon, Librairie de l'Evêché, 1901 (p. 500, 501 et 608)
"La semaine religieuse du diocèse de Dijon", Dijon, Librairie de l'Evêché, 1903 (p. 714 à 717)
MARION (F.), "Légendes et traditions populaires de la Côte d'Or", Dijon, Lumière, 1929 (p. 36)
VACHON (Patrice), "Vierges anciennes et miraculeuses de Côte-d'Or", Fontaine-les-Dijon, Editions de l'Arche d'Or, 2003 (Illustration de couverture)
RUSSO (Daniel), "Une Vierge noire à Lantenay ?", Pays de Bourgogne, décembre 2004, n°206 (p. 6 à 8)

Rédacteur

Markus Eléonore

Copyright notice

© Dijon, musée d'Art Sacré, © Service des musées de France, 2017

Crédits photographiques

© Gérard-Bendelé, © Perrodin - utilisation soumise à autorisation

 

Renseignements sur le musée

 

01390004435

Notices :  

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Requête :   ((1956) :APTN )
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