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Réponse n° 15
Domaine

céramique

Dénomination

pot

Titre

Pot à crème

Auteur/exécutant

LOUIS Séraphine, SÉRAPHINE DE SENLIS (dite)

Précision auteur/exécutant

Arsy, 1864 - Clermont de l'Oise, 1942 ; femme

Période création/exécution

1er quart 20e siècle

Millésime création/exécution

1910 entre ; 1920 et

Historique

Quatrième enfant d'un couple modeste, orpheline à sept ans, Séraphine Louis devient domestique en 1881 chez les Sœurs de la Providence à Clermont-de-l'Oise, où elle reste au moins jusqu'en 1901. De ce long passage dans une institution religieuse, elle gardera une empreinte mystique forte et une dévotion particulière à la Vierge, dont elle affirmera qu'elle est à la source de sa peinture. Sa présence à Senlis, où elle travaille pour différentes familles, est attestée à partir de 1906. Son installation dans un logement indépendant de la rue du Puits-Tiphaine, qui sera aussi son atelier, se situe vers 1911. Originale par sa tenue et sa personnalité brute, profondément solitaire, Séraphine est une figure bien connue des Senlisiens de l'époque. Son passage à une postérité qui dépasse les murs de cette petite cité résulte de sa rencontre avec Wilhelm Uhde. Installé à Senlis en 1912/13, l'esthète et courtier d'origine allemande l'emploie pour des ménages. Elle peint alors sur des supports de récupération, pots en terre (deux d'entre eux se trouvent au musée de Senlis), carton, mais aussi de petites toiles. Elle se procure ses couleurs chez le marchand de couleurs local, Duval, où elle achète notamment de la laque Ripolin qui lui sert pour peindre ses fonds. Après avoir quitté la France pendant la première guerre et perdu sa remarquable collection, vendue en 1921 au titre des dommages de guerre, Uhde s'installe à Chantilly en 1927. Il retrouve l'art de Séraphine la même année lors d'une exposition de la Société des Arts à l'Hôtel de ville de Senlis, où elle montre six œuvres. Dans cette cité repliée sur son passé, l'œuvre de cette marginale qui a évolué vers de plus grands formats frappe son regard. L'année suivante, il lui procure des subsides afin qu'elle se consacre pleinement à la peinture. En 1928, il la promeut en l'associant à Bombois, Boyer et Vivin dans un livre, Picasso et la tradition française et une exposition, Peintres du Cœur-Sacré, à la galerie des Quatre-Chemins. Le musée de Cassel (Allemagne) achète l'un de ses tableaux. Séraphine peint jusqu'en 1932, mais elle sombre progressivement dans la folie. Entre temps, frappé par la crise de 1929, Uhde ne peut plus la soutenir. Séraphine est internée à l'hôpital de Clermont-de-l'Oise ; elle cesse de peindre. Souffrant d'un délire de persécution, elle écrit de nombreuses lettres pour se plaindre. Elle décède le 11 décembre 1942 dans des conditions obscures, d'un cancer ou de malnutrition. Séraphine commence à peindre vers 1905, mais sa première œuvre attestée (Fleurs dans un panier, conservée au musée d'Art et d'Archéologie de Senlis), est plus tardive, vers 1910. À ses débuts, elle utilise les supports qui lui tombent sous la main, souvent du réemploi comme ces pots à crème estampillés Pommel, la marque d'une crèmerie de Gournay-en-Bray (près de Beauvais). Pour ses couleurs, elle achète à la droguerie Duval des peintures industrielles, en particulier du Ripolin, son matériau de prédilection, qui donne un aspect laqué à ses œuvres. Elle le mêle également à des couleurs à l'huile. Les motifs de fleurs, de branches et de fruits constituent la thématique exclusive de l'art de Séraphine, peut-être issu d'un attachement particulier à la nature ou d'une rencontre avec une iconographie végétale croisée dans des livres ou des journaux. Le sujet est traité avec plus ou moins de naturalisme et de liberté. En l'occurrence, le décor de boutons d'or du premier de ces deux pots à crème reprend celui de deux exemplaires datés vers 1915 et conservés dans les collections du musée de Senlis. Le motif des marguerites blanches, œillets et coquelicots, qui apparaît sur le deuxième pot trouve lui aussi un large écho dans la production de Séraphine, d'une part sur un petit pot non localisé mais connu par une photographie de 1986, d'autre part sur plusieurs petits tableaux aujourd'hui dans des collections privées. Ces deux pots témoignent vraisemblablement des premières heures de la carrière de Séraphine, entre 1910 et 1920, lorsqu'elle peignait sur des objets de récupération qu'elle offrait aux personnes qui l'employait pour des ménages. Ils sont révélateurs d'une artiste autodidacte qui expérimente la peinture, multiplie les essais, travaille la matière pour obtenir une grande variété d'effets. La relative maladresse du dessin, le travail en aplat sans effet de profondeur, et l'absence de modulations dans les teintes traduisent cet apprentissage sur le tas. Ils sont caractéristiques de la technique encore balbutiante que Séraphine va perfectionner au fil des années. Ces objets du quotidien ont rarement été conservés en raison de leur caractère utilitaire. Ils constituent donc de rares et précieux témoignages sur le cheminement créatif de l'artiste. Si leur valeur artistique est relative, leur intérêt pour la compréhension de la technique picturale de Séraphine est très important. Cette acquisition permettrait de porter à six le nombre de petits pots peints par l'artiste et exposés au musée de Senlis (deux pots ont été donnés par les Amis du musée d'Art et d'Archéologie en 2014 après achat au prix de 2.800 euros). Les deux objets, actuellement en mains privées, sont proposés à l'achat au prix global de 1.500 euros.

Matériaux/techniques

peinture à l'huile, céramique

Description

Séraphine utilisait de la peinture à l'huile Ripolin

Dimensions

H. 0,141 ; Dia panse 0,089 m

Inscriptions

signé

Précision inscriptions

Fragment de signature

Sujet représenté

représentation végétale (bouquet, fleur)

Lieu de conservation

Senlis ; musée d'Art et d'Archéologie

Statut juridique

propriété de la commune ; Senlis ; musée d'Art et d'Archéologie ; achat

Date acquisition

2015

Anciennes appartenances

Achat à M. et Mme Cottrau (particuliers) ; 1 500 € les deux pots

Numéro d'inventaire

A.2016.1.2

Date dépôt/changement affectation

2014

Bibliographie

LUSARDY Martine (dir.), L'art brut, Paris, Citadelles & Mazenod, 2018

Rédacteur

ASTIER-DUMARTEAU Marie-Bénédicte ; CAMINO Luc ; CAMINO Luc

Copyright notice

© Musées de Senlis, © Service des Musées de France, 2019

Crédits photographiques

© Musées de Senlis

 

Renseignements sur le musée

 

M0809029343

Notices :  

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Requête :   ((LOUIS Séraphine) :AUTR )
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