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Réponse n° 1768
Domaine

peinture

Dénomination

tableau

Titre

Les Lavandières

Auteur/exécutant

ROBERT Hubert (attribué à)

Précision auteur/exécutant

ROBERT : Paris, 1733 ; Paris, 1808

Ecole

France

Période création/exécution

3e quart 18e siècle

Millésime création/exécution

1757 ; 1761

Historique

Dans un jardin en Italie, au bas d'un escalier derrière lequel se dresse un arbre, deux jeunes femmes étendent des draps sur une corde. Les dés ornés d'écus, servant de butée aux murets longeant les marches, font office de piédestaux pour statues. Celle de gauche (une femme nue drappée) s'élève encore sur un socle, tandis que celle de droite (un nu masculin?), brisée au niveau des chevilles et dont il ne reste en place que les pieds, gît sur le sol parmi les broussailles, adossée à un contrefort. Derrière le linge étendu surgit la statue d'un lion couché de style égyptien, ornement de fontaine qui crache un filet d'eau. L'évolution récente et remarquée de l'attribution de cette oeuvre célèbre doit être rappelée. Unanimement considérée, depuis le XIXe siècle, comme une peinture de Fragonard, et parmi les plus représentatives du maître, la toile a été "destituée" en 1986 par Jean-Pierre Cuzin pour être donnée, avec force arguments et conviction (1987 ; cat. exp. Rome, 1990-1991) mais prudence (1992), à Hubert Robert. Cuzin, qui estime que "Ni l'élaboration de l'espace, ni celle de la lumière, ni le type des silhouettes, ni le coup de pinceau ne sont du peintre né à Grasse" (cat. exp. Rome, 1990-1991) et qui constate l'état médiocre d'une oeuvre exécutée rapidement avec de nombreux repentirs, énumère les raisons qui le font pencher vers cette nouvelle paternité (1986) : la proportion étrange et l'instabilité des figures, la multiplicité des éléments graphiques "lancés à la pointe du pinceau" (comme les feuillages), le manque de cohérence dans le traitement de l'espace. Et Cuzin de conclure : "Il y a dans toute la toile quelque chose de désinvolte et de relâché, inhabituel chez Fragonard : celui-ci construit l'espace avec une autre autorité" (1986). Pour lui, ces caractéristiques et les charmantes négligences perceptibles dans la toile (dans les marches ou l'arbre notamment), comme l'humour incarné par le dialogue brisé entre les deux statues, sont autant de traits habituels chez Robert et désignent celui-ci comme l'auteur de la toile, même s'il avoue que cette attribution n'est "pas trop certaine" (1992). L'iconographie du tableau renvoie également à des poncifs fréquents chez Robert. Ainsi le lion, dérivé des fauves égyptiens placés au bas de l'escalier menant au Capitole, à Rome (cat. exp. Paris, Ottawa, VIenne, 1994-1995), se retrouve dans nombre d'oeuvres graphiques ou peintes de l'artiste. De même, la figure de la blanchisseuse, dont on notera qu'elle est accompagnée en France au XVIIIe siècle d'une connotation à la fois rustique et galante, est un motif extrêmement fréquent chez notre peintre. Plus généralement, cette aptitude à mêler les éléments antiques, fruits d'un passé vénérable et prestigieux, et les tâches les plus triviales de la vie quotidienne renvoie à la manière habituelle de Robert. La question délicate de la datation de cette oeuvre, finalement bien atypique, au sein du corpus de Robert a été également abordée par Cuzin. Celui-ci y reconnaît, soit un tableau "peut-être précoce (1757 ou 1758?), peint sous l'influence de l'oeuvre de Fragonard et inspiré, avec une fougue un peu désordonnée, de la manière rapide et décidée de ce dernier" (cat. exp. Rome, 1990-1991), soit au contraire une oeuvre un peu plus tardive, vers 1759-1761 (1986, p. 62). Concluons en soulignant que de telles hésitations d'attribution entre nos deux peintres n'est pas sans exemple. Jean-Pierre Cuzin a produit une étude où il aborde ce thème (1986, p. 61-62), dans laquelle il note : 'Tout laisse supposer qu'ils travaillèrent réciproquement (...). Il semble qu'il y ait eu comme un travail de va-et-vient entre Robert et Fragonard, où l'émulation, l'amusement (...) purent trouver leur part". La proximité amicale entre les deux hommes lors de leur séjour commun à Rome entre 1756 et 1761 (Robert est à Rome de 1754 à 1765 et Fragonard de 1756 à 1761), symbolisée par le portrait présumé de Robert par son compagnon (cat. exp. Rome, 1990-19 91, p. 53-54, n° 1), contribue à expliquer des convergences dans leur rendu pictural. Notice par Matthieu Pinette

Matériaux/techniques

peinture à l'huile, toile

Dimensions

Hauteur en cm 46.5 ; Largeur en cm 65.2

Sujet représenté

scène (blanchisseuse, élément d'architecture, statue, lion, fontaine)

Lieu de conservation

Amiens ; musée de Picardie

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Statut juridique

propriété de la commune ; don ; Amiens ; musée de Picardie

Date acquisition

1894

Anciennes appartenances

Collection privée, Lavalard, Frères, 1890

Numéro d'inventaire

M.P.Lav.1894-145

Exposition

Paris, musée des Arts décoratifs, Exposition d'oeuvres de Jean-Honoré Fragonard, 1921. (n° 15 (Fragonard))
Paris, musée du Petit Palais, Exposition du paysage français de Poussin à Corot, 1925. (p. 16, n° 108)
Paris, musée de l'Orangerie, Chef-d'oeuvre des musées de province, 1931. (p. 28, n° 15)
Londres, Royal Academy of Arts, French Art, 1200-1900, 1932. (n° 181)
Paris, Les artistes français en Italie de Poussin à Renoir, 1934. (n° 150)
Paris, palais national des Arts, Chefs d'oeuvre de l'Arts français, 1937. (n° 156)
San Fransisco, California Palace of the Legion of Honor, Rococo : Masterpieces of Eighteenth Century French Art from the Museums of France, 1949. (n° 12)
Amsterdam, Rijksmuseum, Het Franse Landschap van Poussin tot Cézanne, 1951. (p. 24)
Londres, Royal Academy of Arts, European Masters of the Eighteenth Century, 1954-1955. (p. 42, n° 162, pl. 70)
Besançon, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie, J.H. Fragonard. Peintures et dessins, 1956. (n° 16)
Charleroi, palais des Beaux-Arts, Fragonard - David - Navez, 1957. (n° 16)
Rome, Turin, L'Italie vue par les peintres français du XVIIIe et du XIXe siècle.
Vienne, Oberes Belvedere, L'Art et la Pensée française au 18ème siècle, 1966 (notices par J. Lacambre et al.). (p. 50, n° 32)
Moscou, musée Pouchkine, Léningrad, musée de l'Ermitage, De Watteau à David : tableaux du XVIIIe siècle des musées français, 1978. (n° 37)
Tokyo, National Museum of Western Art, Kyoto, Kyoto Municipal Museum of Art, Fragonard, 1980. (n° 25)
Rome, Villa Médicis, J.-H. Fragonard e H. Robert a Roma, 1990-1991. (p. 78, n° 30)
Amiens, musée de Picardie, Autour de Fragonard, 1992 (cat. par V.Huchard). (p. 9, (n° 12))
Paris, musée du Louvre, Ottawa, musée des Beaux-Arts du Canada, Vienne, Kunsthistoriches Museum, Egyptomania. L'Egypte dans l'art occidental, 1730-1930, 1994-1995. (p. 84-85, n° 27)
Beauvais, Musée départemental de l'Oise, De Fragonard à Hubert Robert, Chefs-d'oeuvre du XVIIIe siècle des musées d'Amiens, 5 février - 14 juin 2010.

Bibliographie

Catalogue des tableaux composant la collection Lavalard Frères de Roye au Musée de Picardie, Amiens, 1894. (p. 33, n° 145 (Fragonard))
Catalogue descriptif des tableaux et sculptures du Musée de Picardie, Amiens, Impr. Piteux Frères, 1899. (p. 214, n° 146 (Fragonard))
Gonse Louis, Les Chefs-d'oeuvre des musées de France. La Peinture, I, Paris, 1900. (p. 15 (Fragonard))
Catalogue descriptif des tableaux et sculptures du Musée de Picardie, Amiens, Impr. Picarde, 1911. (p. 132, n° 144 (Fragonard))
Dorbec P., "L'exposition Fragonard au pavillon de Marsan", Gazette de beaux-arts, juillet 1921, p. 441-468. (p. 24)
Hourticq Louis et Dacier E., Le paysage français de Poussin à Corot à l'exposition du Petit Palais (mai-juin 1925), Paris, 1926. (n° 108 (Fragonard))
Vergnet-Ruiz Jean et Laclotte Michel, Petits et grands musées de France. Peinture française des primitifs à nos jours, Paris, 1962. (p. 95, 97, 259 (Fragonard))
Thuillier Jacques, Fragonard, Genève, 1967. (p. 48, 51 (Fragonard))
Wildenstein Daniel et Mandel Gabriele, L'opera completa di Fragonard, Milan, 1972. (p. 91, n° 110, pl. X (Fragonard))
Wakefield David, Fragonard, Londres, 1976. (pl. 17, n° 1 (Fragonard))
Foucart (Borville) Jacques, Les Lavalard, Amiens, 1977. (p. 43 (Fragonard))
Cuzin Jean-Pierre, "Vincent reconstitué", Connaissance des Arts, 409, 1986, p. 39-46. (p. 60-62)
Cuzin Jean-Pierre, Jean-Honoré Fragonard. Vie et oeuvre. Catalogue complet des peintures, Fribourg, Paris, 1987. (p. 8)
Humbert Jean-Marcel, L'Egyptomanie, sources thèmes et symboles. Etude de la réutilisation des thèmes décoratifs empruntés à l'Egypte ancienne dans l'art occidental du XVIe siècle à nos jours, thèse de doctorat d'Etat, Paris, 1987. (II, p. 172-173, n° 204)
Lévêque Jean-Jacques, La vie et l'oeuvre de Jean-Honoré Fragonard, Paris, 1987. (p. 51 (Fragonard))
Cuzin Jean-Pierre, "L'Education de la Vierge de Fragonard au musée de Picardie à Amiens", La Revue du Louvre, 4, 1992, pp.8-9. (p. 9, n° 4)
Catalogue de l'exposition Columbia, Columbia Museum of Art, Pittsburgh, The Frick Art and Historical Center, Omaha, Joslyn Art Museum, Santa Barbara, Santa Barbara Museum of Art, From the Sun King to the Royal Twilight. Painting in Eighteenth-Century France from the Musée de Picardie, Amiens, 2000-2001 (cat. par M. Pinette). (p. 21-22)
Pinette Matthieu, Peintures françaises des XVIIe et XVIIIe siècles des musées d'Amiens, Musée de Picardie / Somogy éditions d'art, 2006 (272 p. ; ouvrage accompagné d'un CD-Rom contenant l'intégralité des notices). (pp.156-157, ill.)

Rédacteur

Renaux Catherine

Copyright notice

© Amiens, musée de Picardie, © Service des musées de France, 2010

Crédits photographiques

© Fonds Musée de Picardie, © Jeanneteau Marc

 

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Requête :   ((3e quart 18e siècle) :PERI )
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