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Réponse n° 29
Domaine

peinture

Dénomination

tableau

Titre

L'Action

Auteur/exécutant

COLSON Jean-François (auteur)

Précision auteur/exécutant

COLSON : Dijon, 1733 ; Paris, 1803 ; nationalité : Française

Ecole

France

Période création/exécution

3e quart 18e siècle

Millésime création/exécution

1759

Genèse

oeuvre en rapport

Historique

Le Repos est le chef-d'oeuvre de Colson, et l'un des tableaux les plus célèbres du musée. Il est en effet caractéristique d'un ensemble d'éléments associés au XVIIIe siècle : l'intimité, le confort, la douceur de vivre, mais aussi un érotisme discret avec le chat qui s'apprêtait à croquer le serein, avant d'avoir été dérangé par le spectateur. La métaphore de l'oiseau mort sera explicitée quelques années plus tard par Diderot, dans sa critique du Salon de 1765, à propos du célèbre tableau de Greuze La Jeune fille qui pleure son oiseau mort : celle-ci vient en effet de perdre sa virginité. Le Repos est signé et daté 1759 au dos de la toile, ce qui est inhabituel pour l'artiste qui signait plutôt dans ses tableaux-mêmes. Pour toutes ces raisons, Le Repos a fait partie de la plupart des grandes rétrospectives sur le XVIIIe siècle français (Le Portrait français de Watteau à David, Paris, Orangerie, 1957 ; Le XVIIIe siècle français, Tokyo, musée national d'art occidental, 1969 ; The Age of Louis XV : French Painting 1710-1774, Toledo, Chicago, Ottawa ; La Volupté du goût, La peinture française au temps de Madame de Pompadour, Tours, Portland, 2008). Le Repos, tout comme L'Action, a été gravé par Gabriel-Nicolas Dupuis, oncle de Colson, entre 1759 et 1771, dans un même encadrement de pierre simulé. Si Le Repos y est simplement dédié au prince de Turenne (Godefroy-Charles-Henri de La Tour d'Auvergne, 1728-1792), L'Action est clairement indiquée comme faisant partie du cabinet de ce prince. Bien que George Vigne ne soit pas convaincu qu'il s'agisse de pendants (cf. son avis ci-après), les éléments faisant penser que l'Action est le pendant du Repos sont nombreux et nous paraissent aussi convaincants qu'ils ont paru, en leur temps, à Pierre Quarré (cat. exp. Dijon, 1969), à Pierre Rosenberg (cat. exp. Toledo-Chicago-Ottawa, 1972) ou à Juan Luna qui avait vu le tableau alors qu'il était dans une collection madrilène (Revue de l'Art, 1985). Tout d'abord, ces deux tableaux de scène de genre sont uniques dans la production de l'artiste, qui n'est, autrement, connu que pour ses portraits. Les deux oeuvres ont été gravées dans le même encadrement de pierre simulée par Dupuis, oncle du peintre. Au-delà des interprétations gravées, les deux tableaux, qui ont aujourd'hui exactement la même largeur (mais des hauteurs différentes puisque l'Action a été coupée en hauteur) présentent de multiples échos et oppositions qui se répondent : L'Action/Le Repos, un jeune garçon jouant/une jeune fille dormant, une scène d'extérieur/une scène d'intérieur, le chien/le chat ; tout comme certaines similitudes partagées (ainsi l'érotisme à peine voilé ou les compositions en diagonale). Pour cette raison, il paraît très probable que ces deux tableaux aient fait partie de la même collection du prince de Turenne, malgré la différence d'indication fournie par le graveur (dédié à.../tiré du cabinet de...). Il est difficile de suivre l'historique des oeuvres à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. On peut raisonnablement penser qu'elles passèrent au fils de Godefroy-Charles-Henri, Jacques-Léopold de La Tour d'Auvergne (1746-1802), qui sera le dernier duc de Bouillon, mort sans descendance. Ses biens seront séquestrés à plusieurs reprises sous la Révolution, mais pas saisis car il n'émigra pas. Les dettes du duc, déjà importantes avant la Révolution, augmentèrent en l'absence des revenus apportés par l'exploitation des très importantes forêts de son domaine. Il fut donc obligé de vendre une partie de ses collections lorsque le séquestre fut levé (décret du 1er germinal an VIII, 22 mars 1800). Ces ventes furent cependant discrètes, peut-être parce que le duc ne souhaitait pas révéler le mauvais état de sa fortune. C'est dans l'une de ces ventes (2 Thermidor an IX, 21 juillet 1801) que fut vendu le « Coffre de Mazarin », acquis par le Rijksmuseum en vente publique le 24 juin dernier à Cheverny. Cette vente, très importante au vu de la qualité des objets, n'est aujourd'hui connue que par une liste d'objets achetés pour Lord Beckford (cf. Francis J. B WATSON, "Beckford, Mme de Pompadour : the Duc de Bouillon and the taste for Japanese Lacquer in eighteenth century France", La Gazette des Beaux-Arts, Paris, fe´vrier 1963, p. 125- 126.) On peut ainsi imaginer que d'autres ventes « discrètes » aient pu avoir lieu, et que Le Repos et L'Action aient été vendus lors d'une de ces ventes peu documentées. Il est également possible que ces tableaux aient été rendus à Colson, s'il était créancier du duc de Bouillon, avant sa mort en 1803, ou à sa soeur mademoiselle Colson. Ceci pourrait venir éclairer la provenance du Repos, qui apparaît dans les catalogues du musée des beaux-arts de Dijon en 1818 sans provenance ; les catalogues ultérieurs indiquent qu'il s'agit d'un « Envoi du Gouvernement avant 1814 », ce qu'aucun document d'archive n'a pour le moment confirmé, malgré les recherches effectuées à partir des années 1960 dans les archives du Louvre, des Envois de l'Etat et du musée spécial de l'Ecole française de Versailles. Une lettre écrite en 1811 par Claude Hoin, alors conservateur du musée, à Mademoiselle Colson, semble indiquer qu'elle souhaitait donner un tableau au musée et le joindre au transport du prochain envoi de l'Etat (qui aura lieu en 1812). Ceci expliquerait pourquoi le tableau apparaît dans les catalogues du musée en 1818, pourquoi les conservateurs suivants ont pensé qu'il s'agissait d'un envoi de l'Etat, et pourquoi aucune trace ne demeure dans les archives des musées nationaux malgré de nombreuses recherches. L'hypothèse d'un retour de l'oeuvre dans les premières années du XIXe siècle à Colson ou à sa soeur en tant que créancier du duc de Bouillon permettrait d'expliquer pourquoi Le Repos se trouvait alors en leur possession plutôt que dans la collection d'amateurs de peintures. Si l'on compare L'Action à la version gravée par Dupuis, le tableau paraît avoir été coupé un peu en bas et un peu plus en haut. Ceci explique la différence de format que le tableau présente aujourd'hui avec son pendant Le Repos. Malgré cette différence, la vente du tableau semble une opportunité à ne pas manquer pour le musée des beaux-arts, afin de renforcer le parcours XVIIIe (plutôt plus riche dans sa partie néoclassique) et surtout de rendre un pendant à l'un des tableaux les plus célèbres du musée, permettant ainsi au public d'en approfondir le sens. Cette occasion doit d'autant plus être saisie que le tableau n'est jamais passé en vente publique, et qu'il a longtemps été conservé dans des collections privées étrangères (anglaises et américaines dans les années 1960, espagnole dans les années 1980). Date de création supposée, étant donné que le tableau Le Repos est censé dater de 1759 (date anciennement lue au verso, avant le rentoilage). ; voir aussi : Le Repos (CA 252) Pendant

Matériaux/techniques

peinture à l'huile, toile

Description

Peinture à l'huile sur toile

Dimensions

Dimensions Hauteur : 78.8 cm ; Largeur : 73.3 cm ; Epaisseur : 2.4 cm ; Hauteur (en cm) 78.8 ; Largeur (en cm) 73.3 ; Epaisseur (en cm) 2.4 ; Hauteur avec cadre (en cm) 96.6 ; Largeur avec cadre (en cm) 91 ; Epaisseur avec cadre (en cm) 10

Sujet représenté

scène (jeune homme, garçon, jeu, chien, canon)

Etat de conservation

Etat assez bon

Lieu de conservation

Dijon ; musée des beaux-arts

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Statut juridique

propriété de la commune ; don ; Dijon ; musée des beaux-arts

Date acquisition

2014

Anciennes appartenances

Société des Amis des Musées de Dijon

Numéro d'inventaire

2014-10-1

Bibliographie

Chabeuf (Henri), "Le Peintre Jean-François Gilles dit Colson", La Revue de Bourgogne, 1916-17 (p. 304)
Le Portrait français de David à Watteau, Paris : Orangerie des Tuileries, 1958 (p. 19)
La société française du XVIIe et du XVIIIe siècle vue par les peintres et les graveurs, Paris, 1964 (exposition itinérante du service éducatif des Musées) (p. 65)
Kunst des 18. Jahrhunderts aus Dijon, Mayence : Altertumsmuseum und Gemäldegalerie, 7 mai - 15 juin 1966 (p. 17)
Quarré (Pierre) et Geiger (Monique), musée des beaux-arts de Dijon. Catalogue des peintures françaises, Dijon, 1968 (cité dans la notice du n° 186)
The Age of Louis XV : French painting 1710-1774, Toledo : The Toledo Museum of Art, Chicago : The Art Institute of Chicago, Ottawa : The National Gallery of Canada, 1975 - 1976 (p. 36)
Luna (Juan José), "Peintures françaises en Espagne aux XVIIe et XVIIIe siècles", La Revue de l'Art, 1985, n° 1, p. 91-98 (p. 96, repr.)
Gras (Catherine), Jugie (Sophie) et Meyer (Hélène), Le musée des beaux-arts de Dijon : guide des collections permanentes, Ville de Dijon, 2000 (p. 34)
Berchtold (Jacques), Démoris (René) et Martin (Christophe,) Violences du rococo, Presse Univeristaire de Bordeaux ,Pessac, 2012 (p. 92)
Gilles (Matthieu), l'Oeuvre du mois, "L'Action et le Repos de Jean-François Gilles, dit Colson", Dijon, musée des beaux-arts, 2015 (fig. 1)

Rédacteur

Gilles Matthieu ; Bardin Dominique

Copyright notice

© Dijon, musée des beaux-arts, © Service des musées de France, 2017

Crédits photographiques

© Dijon, musée des beaux-arts

 

Renseignements sur le musée

 

01370054562

Notices :  

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Requête :   ((3e quart 18e siècle) :PERI )
Relations :   Synonymes=1, Spécifiques=5, Génériques=0