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Réponse n° 133
Domaine

sculpture ; médiéval ; croyances - coutumes

Dénomination

statue ; fragment

Titre

Saint Georges et le dragon : Main de saint Georges

Auteur/exécutant

SLUTER Claus (auteur)

Précision auteur/exécutant

SLUTER : Haarlem, 14e siècle ; Dijon, 1406 ; nationalité : Anciens Pays-Bas

Ecole

Flandre

Lieu création / utilisation

France, Bourgogne (lieu de création) ; France, Côte-d'Or, Dijon (lieu d'utilisation)

Période création/exécution

4e quart 14e siècle

Millésime création/exécution

1392 entre ; 1393 et

Genèse

oeuvre en rapport

Historique

Ces fragments d'une main gantée de fer, auxquels s'ajoutent des morceaux d'épée et de griffes d'un dragon ainsi que des éléments de draperie furent exhumés en 1951 par Pierre Quarré. On peut les rapprocher d'une statue de saint Georges pour laquelle Sluter avait reçu une livraison de pierres en 1932 (Archives de la Côte d'Or, B 11671, f° 43v°) et qui fut installée en décembre 1393 dans la chapelle des anges (ibid., B 11671, f° 74v°). La taille de la main laisse supposer que la figure de saint Georges était à peu près de grandeur nature. Les griffes du dragon, deux fois plus longues que la main du saint et les vertèbres fortement saillantes de la queue du monstre, indiquent que l'animal devait avoir un aspect effrayant. Aussi se distinguent-ils, comme toutes les oeuvres de Sluter, par un rendu extraordinairement différencié de l'aspect des divers êtres ou objets qu'ils figurent : la peau cornée et écailleuse du dragon, le poli métallique du gantelet. Cette virtuosité dans la restitution des textures est caractéristique de Sluter. Reprenant une remarque de Troescher, Mersmann fait observer que la figure de saint Georges du retable de la Passion à Champmol se démarque nettement, sur le plan stylistique, des autres figures des saints ce qui incite à penser qu'elle est la copie d'une autre sculpture. Sa légèreté dansante contraste cependant avec la monumentalité des figures en pied de Sluter. Aussi Schmidt soutient-il qu'il convient d'interpréter cette représentation de saint Georges comme une sorte d'écho lointain à l'oeuvre de Sluter, plutôt que de suivre l'hypothèse de Mersmann et d'y voir une copie. Une hypothèse que rend également plausible l'existence d'une autre sculpture, en bois, qui répond au même modèle que celle du retable de Dijon (provenance inconnue ; autrefois à Salzbourg, château de Neuhaus ; actuellement à Zagreb, collection Ante et Wiltrud Topic, Mimara Art Collection, H. 52,6). Mais ici, à la différence du saint Georges du retable de la Passion, le personnage tient son bouclier dans la main gauche, tandis que la visière de son casque est ouverte sans que le chevalier fasse le geste de la relever. La statue de Zagreb est plus cohérente que celle du retable - dont l'épée est coincée entre casque et bouclier, de sorte que si le saint voulait porter l'estocade mortelle, c'est son propre casque qu'il atteindrait - et offre une tension moindre dans le geste de ses mains levées; ce qui la rapproche plus de son modèle. Didier et Steyaert estiment probable que la sculpture du retable de la Passion ait été réalisée avant le saint Georges de Sluter, aussi en induisent-ils une relation directe entre la statue de Sluter et les deux autres. Ils font en revanche remonter le bois sculpté de De Baerze à un modèle parisien, du type de celui que l'on voit dans une miniature française peinte vers 1380-1385 (Meiss, 1967, II, fig. 611). Si l'on considère ses vêtements et son attitude, le soldat qui est en train de se livrer au massacre des Innocents est "pratiquement identique", écrit l'auteur, au saint Georges du retable. Mais la similitude du costume est dictée par les usages vestimentaires en vigueur à l'époque et ne saurait établir la preuve d'une éventuelle fonction de modèle. (Notice de Renate Prochno extraite de "L'Art à la cour de Bourgogne : Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419)", Dijon : musée des beaux-arts, 28 mai - 15 septembre 2004), Cleveland : The Cleveland Museum of Art, (24 octobre 2004 - 9 janvier 2005) ; Cette main gantée de fer fut attribuée à la statue de saint Georges par P. quarré. Voir aussi les autres éléments du même ensemble : Fragment d'épée (4159/2), Fragment d'épée (4159/3), Fragment d'épée (4159/4), Patte de Dragon (4159/5), Patte de Dragon (4159/6)

Découverte/collecte/récolte

France ; Côte-d'Or ; Dijon (lieu de découverte) ; fouilles ; (1951, date de découverte) ; (Quarré Pierre, découvreur)

Précision découverte/collecte

Chartreuse de Champmol

Matériaux/techniques

pierre

Dimensions

Dimensions Hauteur : 10 cm ; Largeur : 19 cm ; Profondeur : 12 cm

Utilisation/destination

pratique funéraire

Sujet représenté

figure, figuration partielle (saint Georges, homme, main)

Lieu de conservation

Dijon ; musée des beaux-arts

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier

Statut juridique

propriété de la commune ; don fouilles ; Dijon ; musée des beaux-arts

Date acquisition

1954

Anciennes appartenances

Chartreuse de Champmol, Dijon

Numéro d'inventaire

4159/1 ; 8 (Cat. sculptures 1960)

Exposition

La Chartreuse de Champmol, foyer d'art au temps des ducs Valois, Dijon : Musée des Beaux-Arts, 1960 (n° 17)
Claus Sluter en Bourgogne : Mythe et représentations, Dijon : Musée des Beaux-arts, 19 septembre - 3 décembre 1990
L'Art des collections. Bicentenaire du musée des beaux-arts de Dijon, Dijon : musée des beaux-arts, 16 juin - 9 octobre 2000 (Cat. D 10 p.348)
L'Art à la cour de Bourgogne : Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419), Dijon : musée des beaux-arts, (28 mai - 15 septembre 2004), Cleveland : The Cleveland Museum of Art, (24 octobre 2004 - 9 janvier 2005) (n°65, reprod)

Bibliographie

Troescher (G.), Die burgundische Plastik um die Wende des XIV Jhdts., Fribourg-en Brisgau, 1932 (p. 76)
Quarré (Pierre), "Les fouilles de la chartreuse de Champmol", Bulletin de la Société des amis du musée de Dijon, 1952-1954 (p.26)
Quarré (Pierre), musée des beaux-arts de Dijon. Catalogue des sculptures. Palais des Etats de Bourgogne, Dijon, 1960 (n° 8)
Mersmann (Wiltrud), "Jacques de Baërze und Claus Sluter", Aachener Kunstblätter, XXXIX, 1969, pp. 149-159
Verdier (Philippe), "La Trinité debout de Champmol", Etudes d'art français offertes à Charles Sterling, réunies et publiées par A. Châtelet et N. Reynaud, Paris, PUF, 1975, pp. 65-90 (p. 67)
Didier (Robert) et Steyaert (John), "Passionsaltar. Gent, Jacques de Baërze", dans Die Parler und der schöne Stil 1350-1400. Europäische Kunst unter den Luxemburgern, I, Cologne, 1978, pp. 56-58 (p. 57)
Gras (Catherine), "Sluter retrouvé", Claus Sluter en Bourgogne : mythe et représentations, Dijon, 1990 (p.49-53, reprod. p.51)
Morand (Kathleen), Claus Sluter, Artist at the Court of Burgundy, 1991 (pp. 86-87, 119, 316, 322, 325-326)
Schmidt (Gerhard), Compte-rendu de Kathleen Morand, Claus Sluter : Artist at the Court of Burgundy, Kunstchronik, 46, 1993, pp. 139-159 (p. 144 et sqq)
Prochno (Renate), Die Kartause von Champmol, Grablege der burgundischen Herzöge 1364 - 1477, Berlin, 2002 (pp. 160-161)
Lindquist (Sherry), Agency, Visuality and Society at the Chartreuse de Champmol, MPG Books LTD, 2008 (p. 41, fig. 2.12 c p. 43)
Oursel (Hervé), "La Société des Amis du Musée de Dijon, cinquante ans d'histoire : 1925 - 1975", Bulletin des Musées de Dijon, années 2008-2009, n° 11, 2010, [p. 89-117] (fig. 9 p. 102)

Rédacteur

Carneiro Laetitia ; Bardin Dominique

Copyright notice

© Dijon, musée des beaux-arts, © Service des musées de France, 2017

Crédits photographiques

© François Jay ; © Dijon, musée des beaux-arts

 

Renseignements sur le musée

 

01370018999

Notices :  

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Requête :   ((4e quart 14e siècle) :PERI )
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