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Réponse n° 50
Domaine

peinture

Dénomination

tableau

Titre

Le Miracle de saint Donat d'Arezzo ; La Messe de saint Grégoire le Grand (ancien titre jusqu'en 1963)

Auteur/exécutant

RIBERA Jusepe de

Précision auteur/exécutant

RIBERA : Jativa, 1591 ; Naples, 1652

Ecole

Espagne

Période création/exécution

3e quart 17e siècle

Millésime création/exécution

1652

Sources complémentaires

INHA

Historique

Le sujet semble très rarement traité ; citons, comme analogie, Le Miracle de saint Donat d'Arezzo, attribué à Annibal Carrache (1560 - 1609), apparu sur le marché de l'art parisien en 1994, figurant le saint seul, en buste, de profil, mitré, serrant dans ses mains le calice qu'il recompose. Le tableau d'Amiens constitue assurément l'un des ultimes chefs-d'oeuvre de l'artiste et semble dater de l'année même de sa disparition : 1652 (et non 1634 comme on l'a parfois écrit). Spinosa (Peréz Sanchez et Spinosa, 1978), qui voit dans la toile des contradictions de style, a avancé l'hypothèse d'un tableau commencé bien antérieurement (dans les années 1639), laissé inachevé par l'artiste du fait de sa maladie, puis terminé à la fin de sa vie. La peinture frappe par sa monumentalité et le raffinement de sa composition, l'intensité réaliste qui s'en dégage (en particulier avec la tête de l'officiant à gauche ou dans l'accumulation des figures à droite), la qualité du rendu des étoffes (la chasuble du saint et surtout l'admirable surplis du jeune diacre), servis par un chromatisme assourdi, un ténébrisme mystérieux subtilement contrasté et une lumière vibrante. Pérez Sanchez rapproche les figures du tableau d'Amiens de celles du Saint Siméon et l'Enfant Jésus (Madrid,coll. part.), daté de 1647, et les personnages du second plan du Mariage mystique de sainte Catherine (New York, Metropolitan Musuem of Art), daté de 1648. Si la séduisante hypothèse de l'origine de l'oeuvre (l'une des deux églises placées sur le vocable de san Donato à Acerno en Calabre), étayée par l'allusion de Domininci évoquant une toile exécutée par l'artiste pour une église de Calabre, reste assez incertaine, en revanche, son histoire plus récente a bien été reconstituée : collection du roi Charles IV (Casita d'El Escorial) à la fin du XVIIIe siècle puis, sans doute après avoir été emportée hors d'Espagne à l'époque napoléonienne, collection La Rochefoucauld d'Etissac. Plusieurs auteurs ont avancé que l'intensité et l'exécution vibrante de cette composition ont dû inspirer Francisco de Goya y Lucientes (1746 - 1828) dans sa Dernière communion de saint Joseph de Calasanz (Madrid, chapelle de San Anton Abad), exécutée en 1819, et que cet artiste a pu connaître la toile de Ribera dans les collections royales. D'une extrême sensibilité, le tableau d'Amiens, où l'on peut apprécier "les raffinements de facture et la gravité paisible où Ribera rejoint ici Zurbaran" (cat. exp. Marseille, 1988-1989, p. 234), s'impose encore comme une oeuvre essentielle du peintre et "la qualité superlative" exaltée par Gonse en 1900 - qui le rapprochait déjà de Goya - apparaît de façon spectaculaire. Notice de Matthieu Pinette

Matériaux/techniques

peinture à l'huile, toile

Dimensions

Hauteur en cm 191 ; Largeur en cm 155.4

Inscriptions

signé ; daté

Précision inscriptions

signé et daté en bas à droite : Ioseph.de.Ribera es panole [...] / in.Napoles ano 1652

Sujet représenté

scène (saint Donat d'Arezzo, calice, miracle, messe, intérieur)

Précision sujet représenté

Jusqu'en 1963, le tableau a été interprété comme une représentation de La Messe de saint Grégoire le Grand. Le pape Grégoire (Rome, vers 540 - ?, 604) apparaît souvent dans l'iconographie, à partir de la fin du Moyen Age, dans l'épisode suivant : tandis qu'il célébrait la messe, le pape voit l'un des assistants se mettre à douter de la présence du Christ dans l'Eucharistie ; sur la prière de Grégoire, qui veut raffermir la foi des fidèles, le Christ descend alors sur l'autel et, entouré des instruments de la passion, il exhibe ses plaies, entraînant la ferveur de l'assistance. Le catalogue de l'exposition Trésors de la peinture espagnole a définitivement rétabli le véritable sujet de la toile. Il s'agit du Miracle de saint Donat d'Arezzo, évêque de cette ville (mort martyrisé en 362). La Légende dorée de Jacques de Voragine raconte comment au cours d'une célébration, " le diacre qui portait le calice fut soudain poussé par les païens si vivement qu'il tomba et que le calice fut brisé en morceaux, mais Donat, voyant sa douleur et celle du peuple, réunit les morceaux du calice, pria sur eux et ils se joignirent". De fait, la toile rassemble bien les différents éléments de cette scène : le saint, agenouillé sur les marches de l'autel, tient dans sa main droite le calice en verre brisé ainsi qu'un éclat dans son autre main ; il baisse le regard vers son jeune assistant, sur la gauche, qui semble porter dans sa main droite d'autres fragments du saint vase, tandis que la gauche évoque la désolation ou la surprise. Un autre assistant, barbu et plus âgé, le regard tourné vers le spectateur comme pour le prendre à témoin, ferme la composition à gauche. Les visages de trois fidèles apparaissent resserrés à droite, tandis que d'autres se devinent entre la silhouette du saint et celle du diacre.

Etat de conservation

Bon état

Source sujet représenté

Jacques de Voragine : La Légende dorée

Lieu de conservation

Amiens ; musée de Picardie

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Statut juridique

propriété de la commune ; don ; Amiens ; musée de Picardie

Date acquisition

1890

Anciennes appartenances

Proviendrait de l'église San Donato d'Acerno (Calabre). ) ; Charles IV, El Escorial, Casita del Principe, (Sorti d'Espagne sans doute pendant la période napoléonienne.) ; Collection privée, La Rochefoucauld d'Etissac, Vente La Rochefoucauld d'Etissac, 1865, (n° 1) ; Collection privée, Lavalard, Frères, 1890

Numéro d'inventaire

M.P.Lav.1894-242

Exposition

Paris, Palais de la Présidence du Corps législatif (Palais Bourbon), Explication des ouvrages de peinture exposés au profit de la colonisation de l'Algérie par les Alsaciens-Lorrains, 1874. (n° 423)
Naples, Palazzo Reale, Pittura napoletana del' '600, '700, '800; piccola guida della mostra, 1938. (p. 79, n° 8)
Paris, Palais du Louvre, musée des Arts décoratifs, Trésors de la peinture espagnole. Eglises et musées de France, 1963. (pp. 25, 193, 195-196, n° 75)
Madrid, musée du Prado, Le Siècle d'or espagnol, 1981. (n° 3)
Marseille, Centre de la Vieille-Charité, Escales du baroque, 1988-1989. (pp. 234-235, n° 75)
Naples, Museo di Capodimonte, Barocco Mediterraneo, 1989. (pp. 234-235, n° 75)
Madrid, musée du Prado, Ribera, 1591-1652, 1992. (pp. 103, 400-401 (notice d'Alfonso E. Pérez Sanchez))
Amiens, musée de Picardie, Couleurs d'Italie. Peintures méridionales des musées d'Amiens, 1998-1999. (pp. 6-7 (notice de Matthieu Pinette))

Bibliographie

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Thoré-Bürger W., Paris - Guide I. Les collections particulières, 1866. (p. 549)
Mantz Paul, "Exposition en faveur de l'oeuvre des Alsaciens et Lorrains", Gazette des Beaux-Arts, II, 1874, pp. 289-309. (p. 298)
Catalogue des tableaux composant la collection Lavalard Frères de Roye au Musée de Picardie, Amiens, 1894. (p. 52, n° 242 (Ribera))
Catalogue descriptif des tableaux et sculptures du musée de Picardie, Amiens, Impr. Piteux Frères, 1899. (p. 242, n° 243 (Ribera))
Gonse Louis, Les Chefs-d'oeuvre des musées de France. La Peinture, I, Paris, 1900. (pp. 14-17)
Catalogue descriptif des tableaux et sculptures du musée de Picardie, Amiens, Impr. Picarde, 1911. (p. 148, n° 239 (Ribera))
Mayer A. L., Jusepe Ribera, Leipzig, 1908. (pp. 91, 184-188)
Lafond Paul, Ribera et Zurbaran, Paris, s. d. [1909]. (p. 70)
Mayer A. L., Jusepe de Ribera (Lo Spagnoletto), Leipzig, 1923. (p. 197)
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Pérez Sanchez Alfonso E. et Spinosa Nicola, L'opera completa del Ribera, Ed. Rizzoli, Milan, 1978. (pp. 8, 104, n° 83)
Petit Larousse de la peinture, Paris, 1979. (pp. 1567-1568 (Pérez Sanchez))
Baticle Jeanine, L'Age baroque en Espagne. La peinture espagnole de la seconde moitié du XVIe siècle à la fin du XVIIe siècle, Genève, 1981. (pp. 75-76)
Londres, Royal Academy of Arts, Washington, National Gallery, Painting in Naples. 1606-1705. From Caravaggio to Giordano, 1982-1983. (p.226)
Huchard Viviane, Lernout Françoise, Mahéo Noël et Couderc Sylvie, Le musée de Picardie, Amiens, Paris, 1995. (pp. 85-87)
Pinette Matthieu, Couleurs d'Italie, couleurs du Nord. Peintures étrangères des musées d'Amiens, 2001, musée de Picardie / Somogy éditions d'art, (280 p. ; ouvrage accompagné d'un CD-Rom contenant l'intégralité des notices ). (pp. 76-77, ill.)

Rédacteur

Cazenave Sabine

Copyright notice

© Amiens, musée de Picardie, © Direction des musées de France, 2008

Crédits photographiques

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